Présentation de Perseveranza au territoire des Cinque Terre
Présentation de Perseveranza au territoire des Cinque Terre

Présentation de Perseveranza au territoire des Cinque Terre

Emploi du temps surchargé oblige, je n’ai pas eu le temps de revenir ici donner des nouvelles de Perseveranza, achevé en janvier de cette année, et qui a été présenté au territoire des Cinque Terre (Italie, cote ligurienne) en mars.

C’était un beau voyage, en famille au complet ou presque (mon fils ainé n’avait hélas pas pu être présent) et avec toute l’équipe du film, ou presque, Marie Amiguet qui nous avait gentiment offert des images lors du dernier tournage de janvier 2024 ne pouvait pas non plus être des nôtres, pas plus que 3 de nos supers régisseurs des tournages de 2023.

Mais pour le reste, tout le monde était présent, réparti dans deux gites dans notre désormais village d’adoption Corniglia, et c’est avec joie, empressement et déjà presque nostalgie que nous avons passé une agréable semaine avant la présentation officielle du film, qui forcément était un moment émouvant, après tant d’années de repérage, écriture, tournage, montage … Il est toujours difficile de laisser partir en quelque sorte un film, d’accepter ce qu’il est, avec ses imperfections (et Perseveranza n’en n’est pas exempt ) et de faire le deuil de ce qu’il aurait pu être, de ce qu’on a fantasmé, rêvé, imaginé, et de la réalité qui ne colle pas toujours avec tout cela !

Un peu de pression, de stress, dans les jours qui ont précédé la projection, ce qui ne nous a pas empêchés de retourner avec émotion dans chaque village, sur le lieu de chaque tournage, et de  passer voir évidemment chacun des protagonistes que nous avions hâte de retrouver, d’en découvrir les avancées, et elles sont nombreuses !

Lorenzo avait entre temps ouvert une poissonnerie, dans laquelle ses poissons fraîchement pêchés trouvaient des acheteurs locaux, et un endroit pour se retrouver, manger des tapas et échanger sur la mer, lamétéo ou toute chose importante de la vie des villages. Une belle initiative, dont il peut etre fier !

Nos amis vignerons Adeline et Riccardo ont beaucoup avancé également, leur chai s’est agrandi, ainsi que leurs parcelles de cultures, plus de vignes, plus d’oliviers, plus de production et toujours plus d’énergie et de courage ! On leur souhaite tellement de belles choses pour la suite !

Nous avons bien sur mangé en grand groupe au restaurant de Guido … qui n’a pas chômé non plus pendant le montage du film : il a réussi à re créer une association de préservation du territoire qui restaure des murs en pierre sèche sur la commune, récupère les terrains abandonnés, et facilite l arrivée de nouveaux paysans. Tout en continuant la pêche et le maraichage pour le restaurant local. Un grand bravo à lui aussi et toute sa famille !

 

Et puis, le jour de la présentation du film est arrivé, c était un jour assez gris et frais, mais l’émotion était là et je crois que c’est en grande partie grâce à la magie de la musique de Marie (Laroche) notre si talentueuse et génialissime compositrice. J’ai vu bien des yeux se remplir de larmes (les miens y compris) lors de la projection.

Cela restera un beau moment, malgré le froid, un peu de précipitation et un sentiment de tristesse à la fin : ça y est, elle était là, notre nostalgie que nous sentions arriver depuis le début : nous savions que nous refermions un chapitre entamé 3 ans plus tôt, et que cela serait dur de dire au revoir.

Que même si un jour nous revenions, ça serait difficile : difficile de revenir sans caméra, sans but, comme des touristes, et quoi y faire ? Le farniente ne nous semblait plus une option possible dans ces lieux … on avait presque mauvaise conscience déjà là, à trainer un peu sur les sentiers pendant qu’hélicoptère et ouvriers s’affairaient à refaire des murs en pierre sèche pendant que nous faisions de banales photographies.

Quelque chose est donc terminé, il a fallu faire les adieux, se souhaiter bonne route, se remercier pour le temps passé ensemble, envisager un hypothétique retour, se promettre de donner des nouvelles du film.

En refermant la portière de la voiture le samedi matin, je savais que c’était vraiment fini, et que le film désormais aurait une autre vie, dans laquelle je serais beaucoup seule, derrière mon ordinateur à faire de la comm, à faire des dossiers (encore des dossiers !) à essuyer des refus, à accepter des demandes, et puis, seule sur la route des festivals, des projections, seule avec mon micro devant des salles pleines ou vides, ou semi pleines ou semi vides, seule mais à la rencontre de vous tous : les spectateurs du film. Avec plaisir et joie de vous retrouver dans chacun des événements, chacune des salles, ou sera diffusé le film.

En attendant, je vous laisse avec quelques images de ces jours de randonnées aux Cinque Terre avant notre départ définitif. (Photos Anne Petit-fils et René Martin).

Si vous allez dans les Cinque Terre, promettez moi de passer voir Adeline et Riccardo à San Bernadino, de gouters leurs vins (les blancs comme les rouges !) leur huile d olive, de manger au restaurant de Guido en redescendant à Corniglia, d’aller chercher votre poisson et boire un verre frais à la Piccola Pesca à Manarola, et peut etre verrez vous Guido ou Lorenzo sur leurs bateaux de pêche, parfois ils peuvent vous y accueillir pour un moment partagé avec eux, à écouter des histoires de pêche, de la mer, des traditions et de l’histoire extraordinaire des Cinque Terre … car c’est cela le tourisme non ? Aller à la rencontre de l’autre, découvrir sa vie, son histoire, sa culture, se dépayser, mais respecter, être à l’écoute, sentir quand il faut se retirer. Le décor est celui d’une carte postale, il est vrai, mais il n’en n’est pas moins incroyablement fragile, et a plus que jamais besoin d’être entendu dans son histoire et sa vulnérabilité.