Céline Beauquel
Perseveranza

Perseveranza

PERSEVERANZA

Documentaire – 48 min – VOST Italien 
Tourné dans les Cinque Terre, Italie (Ligurie)

Un peu d’histoire …  

Les Cinque Terre, Italie, sur la côte ligurienne après Gênes. Un territoire classé au Patrimoine de l’Humanité de l’Unesco, et l’on comprend pourquoi en y arrivant : une beauté rare, que l’on ne peut nommer, que l’on voit aussitôt fragile. Cinq terres, cinq petits villages suspendus à flanc de colline, cinq villages dont l’image colorée se reflète dans la mer en dessous d’eaux … Cinq villages à pic, entre rochers vertigineux et pentes absolument verticales : c’est ici que l’homme a complètement façonné le paysage pour qu’il soit cultivable et vivable autrefois.

Les hommes et les femmes ici avaient la vie dure, vivant de pêche et de la culture de la vigne, des oliviers et des agrumes. Une vie difficile, que tous ont décrits à la fatigante écrasante, mais néanmoins avec de beaux  aspects – notamment l’entraide, la solidarité, l’esprit de communauté qui nous a été décrit par tous les anciens que l’on a pu interviewer.

Un territoire rural, historiquement agricole, essentiellement viticole, d’une économie modeste mais simple, et surtout essentielle : chaque terrasse cultivée entretenait les sols, les murs en pierre sèche, et tenait le paysage.

Un territoire qui nous montre à quel point l’agriculture (mais une agriculture vertueuse, biologique, aux pratiques qui régénèrent et maintiennent des sols vivants tout en préservant la biodiversité) peut être indispensable à sa survie.

Mais les cinq petits villages modestes se sont peu à peu reliés au monde par la route et l’arrivée du train : une fois découverts, ils sont peu à peu devenus dans les années 1990 ce qu’ils sont aujourd’hui : symboles iconiques de l’overtourisme, endroits les plus photographiés sur Instagram, chaque année, 4 Millions de visiteurs se pressent pour les voir entre mars et novembre. Entraînant inéluctablement leur lente chute : délaissant leurs terres pour de plus lucratives et faciles locations, les paysans sont partis les uns après les autres, laissant des terres et des murs à l’abandon (on image sans peine les glissements de terrain et érosions qui s’ensuivent inévitablement), des villages vidés de leur âme, accueillant principalement des habitants saisonniers, des restaurateurs et des boutiques saisonniers servant à peu prêt tous sauf des produits locaux.

Et voilà, comment, année après année, on peut perdre sa culture, son identité, ses paysans et paysages, tout ce qui faisait son histoire, sa vie, tout en voyant défiler bateaux, barques, trains, campings cars, groupes avec perche à selfies, le tout dans une indifférence incroyable.

 

Pourquoi ce film ? 

Je me suis retrouvée dans les Cinque Terre par hasard – si il existe- un soir d’octobre ou, malgré l’automne arrivant, les bateaux et trains ne désemplissaient pas.

J’ai d’abord cru à quelque évènement local provoquant cette foule pressée et agitée, puis au fil des jours, j’ai malheureusement fait le constat que c’était la norme …

Je venais de terminer ma série documentaire Juste devant nous (avec Marc André Selosse) donc c’est vous dire si j’étais sensible aux questions de sol et d’érosion et j’ai immédiatement vu le danger qui pouvait menacer ce territoire si le déclin agricole se poursuivait ainsi que le tourisme de masse. J’ai voulu je crois apporter ma contribution, faire ma part du colibris peut-être, en racontant l’histoire du lieu. Je voudrais que les beaux endroits du monde ne meurent pas par étouffement, pollution, perdition, envahissement, je ne supporte pas l’idée qu’on les envahisse, les change à jamais, puis qu’on les abandonne sitôt que la mode est passée ou que leur attrait , à force de destruction, a décliné. De quel droit fait-on cela ?

Je n’ai pas voulu faire un film de dénonciation des problèmes durant 50 minutes (qui aurait envie de regarder cela ?) alors j’ai cherché à rencontrer des habitants, des gens passionnés, qui répondraient à mes valeurs et me montreraient autre chose, qui proposeraient une autre voie, qui donneraient de l’espoir.

Et c’est ainsi que, Frédérique Basset mon amie journaliste et interprète et moi même, avons rencontré ceux via allaient devenir nos héros, ou plus simplement, les protagonistes de ce film.

 

Que dit le film ? 

Je ne vais pas tout vous dévoiler … sinon vous n’aurez plus rien à découvrir !

Disons juste que nous partons à la rencontre d‘Adeline et Riccardo, un couple très attachant, au courage et à la ténacité qui force le respect. Ensemble, les jeunes vignerons restructurent des terrasses et murs abandonnés, préservent les variétés autochtones anciennes, restaurent de vieilles oliveraies, replantent des agrumes. Le tout en agriculture biologique et biodynamie, on a aimé leur lien à la terre, au vivant, et leur persévérance qui a donné son nom au film.

Nous partons aussi en mer avec Guido, pêcheur et maraicher, Lorenzo, pêcheur passionné et biologiste marin, tous deux natifs du territoire, qui s’emploient à le préserver, à redonner une vie locale, re créer des circuits courts, ouvrir la voie d’une pêche artisanale et responsable.

Tous montrent qu’une autre façon de cultiver, pêcher et vivre économiquement est possible, qui est durable et vertueuse et qui donne de l’espoir et du sens aux générations à venir.

Nous espérons avec ce film que leur voix sera entendue, servira d’exemple peut être parfois, tout en questionnant sur notre propre rapport au voyage, au tourisme, à notre consommation.

 

Fiche technique

  • Écriture et réalisation : Céline Beauquel

  • Images : Céline Beauquel, Marie Amiguet

  • Assistantes image : Lise Marin, Anna Corazza

  • Montage : Céline Beauquel

  • Post-production : Céline Beauquel, Anne-Sophie Schbath Justice, Eric Maugerard

  • Interprète et journaliste : Frédérique Basset, auteure spécialisée en environnement

  • Ingénieur du son : Eric Maugerard

  • Musique originale : Marie Laroche

  • Photographie : Anne Petitfils

  • Production : Unisterre

  • Durée : 48 minutes

  • Langues : Français / Italien

 

Diffusion / projections

Pour toute demande de projection ou de diffusion :
unisterreproduction@gmail.com